Le diagnostic est une étape délicate à la fois pour le médecin et pour le patient. Le médecin a besoin de temps pour affirmer le diagnostic alors que celui qui est malade a besoin de savoir très vite ce qu’il a.

Il n’y a pas d’examen qui signe de façon certaine la maladie. Par conséquent, celui-ci repose sur la concordance de plusieurs éléments. Il faut d’abord éliminer un autre diagnostic qui pourrait être à l’origine des signes cliniques ressentis. Ensuite, il est nécessaire de démontrer une dissémination dans le temps et dans l’espace de la maladie. Cela signifie que pour affirmer qu’on a une SEP, il faut des signes ou des symptômes touchant plusieurs régions du système nerveux central (moelle et cerveau) et ce à des moments différents. Ainsi, on ne peut affirmer le diagnostic chez une personne qui n’aurait eu qu’une seule poussée ou qui aurait toujours exactement le même symptôme. Ceci sera possible à partir de l’examen clinique et des examens complémentaires. Le diagnostic ne pourra donc être établi qu’en connaissances de tous les éléments de l’interrogatoire, de l’examen clinique et des examens complémentaires

La clinique permet de retrouver par exemple des signes de poussées anciennes non diagnostiquées et de définir les zones touchées par une démyélinisation. La démyélinisation est la conséquence de l’inflammation du cerveau et de la moelle épinière. C’est à cause de cette démyélinisation que les symptômes de la maladie apparaissent.

Les examens complémentaires sont l’IRM et la ponction lombaire. Nous allons essayer de voir de façon pragmatique comment se passent ces examens, ce qu’ils donnent comme résultats.

L’IRM

Les IRM sont des images obtenues par résonance magnétique. L’appareil utilise un aimant très puissant et non des rayons X comme dans d’autres techniques de radiologie. Il n’y a donc pas de risque d’irradiation.

Les images obtenues par cette technique sont des coupes de l’organe ou de la région examinée, elles sont visualisées sur un ordinateur.

Cette technique est bien adaptée à l’examen du cerveau.

Comment se déroule l’examen ?

  • Vous n’avez pas besoin d’être à jeun.
  • Une IRM est un examen long de 20 à 40 min en moyenne.
  • Vous ne devrez avoir aucun objet métallique sur vous au moment de l’examen pour éviter toute interférence avec le courant magnétique.
  • On vous injectera un produit de contraste dans la veine. Ce produit permet de visualiser les zones inflammatoires récentes. L’injection est indolore (on peut parfois ressentir une sensation de chaleur), le produit injecté peut entraîner une réaction allergique (rare), il est donc conseillé de signaler vos allergies médicamenteuses avant l’examen. Il est également conseillé de boire beaucoup après l’examen pour bien éliminer le produit de contraste.
  • Pendant l’examen, vous serez allongé dans un tunnel. Vous pourrez toujours communiquer avec l’extérieur via un interphone. Il faudra rester immobile, l’examen n’est pas douloureux, l’appareil est assez bruyant aussi on vous proposera des écouteurs avec de la musique ou des bouchons d’oreille.

Les résultats

Le radiologue à partir des images réalisées effectuera un compte rendu. Celui- ci vous sera transmis directement ou sera envoyé au neurologue. L’analyse des images est très complexe, en effet des taches type « démyélinisation » peuvent avoir d’autres origines que la SEP. Il faudra montrer une évolution dans le temps et dans l’espace de ces taches pour pouvoir affirmer un diagnostic de SEP. C’est pourquoi, plusieurs examens sont souvent nécessaires à quelques mois d’intervalle. En aucun cas, un diagnostic ne sera possible à partir des seules indications radiologiques. Les images doivent toujours être confrontées à la clinique et ne peuvent être interprétées indépendamment de ce qui a été constaté à l’interrogatoire et à l’examen clinique.

Dans le cadre du réseau LORSEP, il existe un comité de relecture des IRM. Celui-ci est composé de radiologues et de neurologues. Il permet d’analyser les images difficiles pour lesquelles un doute subsiste. Tous les neurologues de Lorraine peuvent envoyer les examens IRM à ce comité qui se réunit une fois par mois.

La ponction lombaire

Elle permet d’examiner le liquide céphalo-rachidien. Ce liquide baigne le cerveau et reflète sa vitalité. Ainsi, lorsqu’il existe une inflammation, le cerveau va fabriquer des protéines inhabituelles liées à cette inflammation,  des immunoglobulines. Cet examen est nécessaire pour éliminer d’autres maladies.

Comment se passe l’examen ?

  • Il n’est pas nécessaire d’être à jeun.
  • La ponction s’effectue à l’aide d’une aiguille fine dans le dos au niveau des vertèbres lombaires en position assise. C’est le même geste que celui réalisé pour la péridurale proposée dans les accouchements. Avant la ponction, on vous fera une piqûre avec un anesthésique local. La ponction dure environ 2 minutes. Cet examen est généralement effectué en milieu hospitalier.
    Après, il faudra rester allongé quelques heures pour éviter les maux de tête. Ces maux de tête sont dus au changement de pression dû au prélèvement de liquide céphalorachidien. Parfois ces maux de tête peuvent durer 2 à 3 jours. Parfois également, il persiste une gêne dans le bas du dos pendant quelques jours.

Les résultats

Le prélèvement est envoyé au laboratoire pour analyse. Les premiers résultats sont connus dans les 24 heures et envoyés au médecin prescripteur. Les résultats définitifs sont disponibles dans les 10 à 15 jours qui suivent.